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LE DEVOIR  L'entrevue - Une optique de la Gaspésie

Claude Goulet sème des photographies le long de la route 132

 Jean-François Nadeau  8 août 2011

Dans le cadre des deuxièmes Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, le photographe Dan Bergeron présente à Chandler une nouvelle série de portraits publics ayant comme sujet les anciens travailleurs de la défunte Gaspésia.

Photo : Fleurdelise Dumais
Dans le cadre des deuxièmes Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, le photographe Dan Bergeron présente à Chandler une nouvelle série de portraits publics ayant comme sujet les anciens travailleurs de la défunte Gaspésia.

À retenir : photogaspesie.ca

Entre les ombres du large, les cailloux polis par la mer et le bleu du ciel, ceux qui visitent la Gaspésie en août verront aussi, tout le long de la péninsule, des photographies installées d'un village à l'autre dans le cadre de la deuxième édition des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie. Au cours des derniers jours, le maître de cet événement singulier, Claude Goulet, a parcouru en vitesse la route 132 afin de terminer à temps l'accrochage des œuvres d'une trentaine de photographes de haut niveau.

«Attendez, attendez! J'arrête l'auto pour vous parler!» Claude Goulet, à vrai dire, n'arrête pas souvent. Il ne cesse de sillonner ce pays, notamment à cause de sa passion de la photographie. Ces derniers jours, le fondateur des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie a déjà fait deux fois le tour de la péninsule afin de s'assurer de la meilleure installation possible des oeuvres des photographes sélectionnés pour cette deuxième édition d'un événement qui se déploie sur plus de 600 km. Il faut donc rouler, entre l'air de la mer et celui des montagnes, pour découvrir les 30 photographes réunis jusqu'au 12 septembre à travers 13 municipalités. D'où vient l'ambitieuse idée de tenir un événement pareil? «De l'amour! dit-il en riant. Un jour, je suis venu en Gaspésie et j'y ai rencontré la femme avec qui je vis depuis sept ans. Je me suis installé ici et me suis résolu y faire quelque chose qui me plaisait.» Bien sûr, la fleur fragile de l'amour ne prévient jamais du lieu où elle se décide à pousser.

Avant de s'installer en Gaspésie, Goulet était déjà un habitué du monde de la culture pour avoir travaillé dans l'univers de la production musicale. «Lorsque j'allais en France pour mon travail, je ne manquais pas de prendre du temps pour visiter aussi les festivals de photos.»

Depuis des années, il arpentait donc en curieux passionné les vieux hangars et les différents bâtiments d'Arles, dans le sud de la France, une suite d'espaces improbables qui abritent pourtant chaque été un très important festival de photographie. S'y pressent les amateurs et les professionnels du monde entier.

«À Arles, j'ai rencontré Jean-Daniel Berclaz, du Musée du Point de Vue. Depuis 1997, Berclaz organise un événement photo construit autour du paysage. Des photographes y présentent leur travail sur le lieu même où ils l'ont réalisé.» Dans ce musée sans domicile fixe, Berclaz interroge les lieux autant que la photographie. Il s'adapte aux endroits où il installe des oeuvres, tout en interrogeant ces lieux de cette manière.

Claude Goulet a été enchanté par cette mise en perspective iconoclaste de la photographie. «Je me suis dit que je pouvais adapter ça à ma façon, en Gaspésie, chez moi.»

Sur la route

À Paspébiac, les photographies de Larry Towell, membre de la prestigieuse agence Magnum, sont présentées dehors, sur de grands panneaux. «Ce sont des photos très caractéristiques de son oeuvre, tirées de son travail réalisé sur la communauté mennonite et sur sa vie familiale, une série intitulée Life from a Porch.»

Non loin de là, le travail de Gabord Szilazi, doyen de la photographie d'art au Québec, s'expose pour sa part à l'intérieur, au site historique du Banc-de-Pêche. «Szilazi profite d'une résidence de photographe dans le cadre de l'événement. Nous pensions que, dans ce cas, le travail était mis plus en valeur sous un toit.»

Qu'a-t-il semé d'autre sur sa route? «Là, je m'en vais du côté de Chandler, où sont installées les oeuvres de Jean-François Leblanc.» Dans cette série, ce collaborateur du Devoir s'est consacré aux peuples autochtones de la Bolivie. Un autre collaborateur régulier du Devoir, François Pesant, se trouve au nombre des invités des Rencontres internationales de la photographie de la Gaspésie. «À Chandler, poursuit Claude Goulet, nous proposons aussi "Les Hommes de papier", consacré aux travailleurs de la Gaspésia, sur le site même de l'ancienne usine.»

À Matapédia, sur les murs de l'église, de grandes photos d'Haïti, prises après le désastre du 12 janvier 2010, attirent à elles, paraît-il, tous les regards. «Ces 25 photos de Roger Lemoyne prennent un sens particulier en étant liées ainsi aux murs d'une église, donc à la place du religieux dans cette tragédie», explique Claude Goulet. En 2010, au lendemain de l'ouragan dévastateur, Lemoyne était parti photographier, en format couleur, les rues de Port-au-Prince. Cette année, cet excellent photographe montréalais s'est rendu au Caire lors du printemps arabe, au moment même où la population se soulevait contre son pharaon contemporain.

À Gaspé, toujours sur la piste égyptienne, impossible d'éviter les photographies de Benoît Aquin, ce grand voyageur au regard moderne et singulier. Aquin a remonté le Nil, sur la trace de la vie que permet l'eau. Il s'est intéressé au choc du monde ancien avec la vie moderne. Pour les oeuvres de Dave Andersen, photographe originaire du sud des États-Unis, Goulet a utilisé le pont couvert de Petite-Vallée. Rough Beauty, l'exposition d'Andersen présentée en Gaspésie, a été accueillie avec enthousiasme par la critique américaine avant de faire l'objet d'un livre traduit en trois langues. «C'est saisissant ce que ça donne comme atmosphère pour ces photos très graves», dit Claude Goulet avec un sourire de satisfaction dans la voix.

Tout le long de la route 132, «dans chaque lieu où la photographie s'expose, il y a des soirées de projection en présence des photographes. Toute la population peut y assister. Tout le monde est invité à venir entendre, de façon tout à fait informelle, les photographes parler de leur travail.»

Il faudrait encore parler de bien d'autres photographes présents, au moins du travail d'Isabelle Eshraghy, consacré à la condition des femmes. «On se l'arrache! Tout le monde veut lui parler tellement son travail est fort!» Il y a aussi l'extraordinaire Serge Clément, à Marsoui, en attendant de voir ses nouvelles oeuvres cet automne à la galerie Simon Blais.

Formation de l'oeil

Claude Goulet tient beaucoup à l'aspect formateur d'un tel événement. «Nous tenons à ce que les écoles soient intégrées, qu'on développe le regard des jeunes par des activités. Nous travaillons beaucoup ce volet, notamment par des ateliers avec les jeunes de niveau primaire et secondaire.»

Au fil du temps, plusieurs écrivains, peintres et photographes trouvèrent en Gaspésie une terre propre à nourrir leurs oeuvres. Même Paul-Émile Borduas s'y est laissé tenter par la photographie. Jusqu'au 2 octobre, le Musée régional de Rimouski rappelle pour sa part, grâce à une exposition de Bertrand Carrière, que le grand photographe américain Paul Strand (1890-1976) vint en Gaspésie à deux reprises pour y exercer son art. «Nous n'avons pas encore de collaboration avec cet excellent musée, précise Claude Goulet, mais nous aimerions en développer une dans les années qui viennent», ajoute cet homme confiant en l'avenir culturel de son nouveau pays.

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L'actualité    L'autre tour de la Gaspésie

Isabelle Grégoire  12 Août 2011

Trente photographes prennent d’assaut la Gaspésie et y exposent, souvent en plein air, 900 photos saisissantes prises aux quatre coins de la planète. Un tour du monde, en 13 villes et villages.

Les quais de Matapédia. Le pont couvert de Grande-Vallée. Le site historique du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac. Le parc du Souvenir de Chandler. L'hôtel de ville de Percé, face au rocher...

Durant les deuxièmes Rencontres internatio­nales de la photographie en Gaspésie, du 5 août au 12 septembre, des dizaines de lieux se transforment en musées éphémères, accueillant les œuvres d'une trentaine de photographes québécois et étrangers.

Au total, 900 photos sont exposées - en grand format et, pour la plupart, au grand air - dans diverses municipalités de la péninsule.

À VOIR SUR L'ACTUALITÉ MULTIMÉDIA :
« Un tour du monde en photos... en Gaspésie ! » >>

« Nous utilisons l'immense territoire gaspésien pour favoriser la rencontre entre le public et la création artistique ainsi qu'entre des photographes renommés et émergents », dit Claude Goulet, directeur général et fondateur des Rencontres.

Cette manifestation, gratuite, comprend les expositions des artistes invités et des artistes en résidence, 20 projections de photos (en présence de leurs auteurs), des conférences, de même que des ateliers avec de jeunes Gaspésiens. Des collaborateurs de L'actualité, dont Jean-François Bérubé et François Pesant, sont de la partie.

Montréalais d'origine et Gaspésien d'adoption, Claude Goulet, 55 ans, a longtemps travaillé dans le monde des arts de la scène, repérant à l'étranger des spectacles qu'il produisait ensuite au Québec. Passionné de photo, assidu des rencontres, expositions et galeries de Paris, Arles ou New York, il a patiemment mûri l'idée d'une initiative d'envergure valorisant sa région.

En 2009, il met sur pied le Parcours du point de vue - Gaspésie, qui regroupe 10 installations photographiques aux endroits mêmes où les clichés ont été pris. (Un concept adapté du Musée du Point de vue, créé en France, en 1997, par l'artiste suisse Jean-Daniel Berclaz, lui-même associé au Parcours gaspésien.) L'accueil du public et des municipalités est tel que Goulet lance les Rencontres l'année suivante, avec l'ambition d'en faire un rendez-vous international annuel.

Sur le thème des « Itinéraires photographiques », les Rencontres 2011 invitent le public à faire le tour du monde en même temps que celui de la Gaspésie. Et à découvrir le regard singulier des 30 photographes participants, dont 5 étrangers. La Franco-Iranienne Isabelle Eshraghi, par exemple, présente à Bonaventure 40 portraits tirés de son livre Femmes hors du voile, fruit de 10 années de recherche dans des pays musulmans.

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Femmes hors du voile, Isabelle Eshraghi

« Isabelle nous montre ces femmes d'une autre façon, par le sport, l'éducation, les loisirs... Des femmes modernes, rieuses, vivantes, mais aussi conscientes de leur condition », dit Claude Goulet, qui a découvert le travail de cette artiste lors d'un voyage à Paris. « De quoi lever les préjugés. »

 

Le directeur des Rencontres s'enorgueillit aussi d'avoir convaincu le photographe américain Larry Towell, de la fameuse agence Magnum, d'être là cet été. Né en Ontario mais résidant à New York, Towell expose à Paspébiac deux séries de photos en noir et blanc : Mennonites, reportage réalisé dans la campagne ontarienne et au Mexique, et The World From My Front Porch (le monde vu de ma véranda), photos prises dans sa ferme, en Ontario.

Les photoreporters québécois François Pesant et Roger Lemoyne ont pour leur part rapporté de saisissantes images de leurs périples à l'étranger. Le premier présente à Carleton-sur-Mer Les réfugiés du climat, une soixantaine de photos prises en Inde. Le second expose à Matapédia Espwa fè viv, reportage effectué en Haïti à la suite du tremblement de terre de 2010.

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Espwa fè viv, Roger Lemoyne

Quant à la Montréalaise Cynthia Copper, elle propose un « circuit photographique » au centre-ville de Gaspé, avec ses impressions de la mythique Tombouctou.

La jeune photographe montréalaise Catherine-Lune Grayson livre son témoignage sur les populations déplacées par la guerre et la violence en Afrique. Dans des camps de réfugiés de la Somalie, du Yémen et du Kenya, elle a prêté de petits appareils à des adolescents « afin qu'ils puissent raconter les lieux où ils grandissent ». Leurs photos sont exposées à Gaspé, aux côtés de celles prises par des élèves gaspésiens au cours de la dernière année scolaire dans le contexte de Regard sur ma ville, volet éducatif des Ren­contres. « On travaille à éveiller l'intérêt des jeunes Gaspésiens pour tous les types de photographie », dit Claude Goulet.

Si les Rencontres sont ouvertes sur le monde, la photogénique Gaspésie n'en demeure pas moins au cœur de la manifestation.

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Gaspésiennes, Jean-François Bérubé

Gaspésiennes, de Jean-François Bérubé et Sophie Jean, rendra hommage à plus de 30 femmes qui s'impliquent dans la collectivité et dont les portraits seront exposés à Carleton-sur-Mer. Les hommes de papier - une douzaine de portraits géants d'ex-travailleurs de la défunte papeterie Gaspésia que l'on doit au Torontois Dan Bergeron - seront affichés sur des bâtiments de Chandler. Et la Manifestation pour la mémoire des quais - une « performance participative » imaginée par Maryse Goudreau - conviera les photographes amateurs et les médias de la région à souligner en images « l'urgence de restaurer ces accès à la mer ».

Treize municipalités participent aux deuxièmes Rencontres internatio­nales de la photographie : Cap-Chat, Marsoui, Grande-Vallée, Gaspé, Percé, Chandler, Paspébiac, Bonaventure, New Richmond, Maria, Carleton-sur-Mer, Nouvelle et Matapédia. En tout, un petit tour du monde de près de 700 km !

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POUR EN SAVOIR PLUS :
photogaspesie.ca